Synthèse des méthodes Charlotte Mason

Dans mon récent billet sur les cycles d’enseignement de la pédagogie Charlotte Mason je détaillais un peu les diverses matières et le découpage des groupes d’âges. Aujourd’hui, je vous propose un autre billet pratico-pratique sous la forme d’une synthèse des méthodes d’apprentissages employées pour enseigner selon cette approche. A la rédaction du titre du document, j’ai hésité entre « méthodes d’enseignement » et « méthode d’apprentissage » puisque les deux sont valables: l’adulte propose un vaste banquet de savoirs et connaissances, et l’enfant est invité à se servir…

Bien qu’il lui fallut six volume très riches en informations pour détailler sa vision éducative, Mason donna peu de directives sur les programmes et l’organisation des apprentissages formels, prônant le sur-mesure et faisant appel au bon sens des parents instructeurs et enseignants. En revanche elle donne de nombreux principes et méthodes, qui sont très instructives et utiles pour créer une trame à suivre dans notre pratique de l’ief. Lire la suite

L’assiette surprise

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Il est 11h45. Nous avons passé un agréable matin et déjà bien progressé dans le programme de la journée… Le soleil est sorti et les enfants s’empressent de s’habiller pour sortir. Avec le retour des beaux jours et des températures plus clémentes, ils ont vite repris leurs habitudes et redécouvrent le plaisir de vivre dehors!

Ils gambadent quelques minutes dans le jardin avant de réapparaître à la porte de la cuisine. « Mama, mama, s’il te plaît, est-ce qu’on peut avoir une assiette surprise pour le repas?! » Ils se sont souvenus de leur petit rituel plaisir de l’été dernier… Lire la suite

De l’importance du jeu

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Help on way, Bob Byerley

Charlotte Mason mettait le jeu à pied d’égalité avec les leçons. Mais bien qu’elle reconnaissait la valeur éducative des activités organisées (sportives, pédagogiques ou autres) ce n’est pas ces jeux là qu’elle avait en tête. Non, elle parlait de jeux « vigoureusement salubres ». De ceux qui sont joyeusement bruyants, qui font fuir les poules en caquetant et incommodent les chiens qui siestent. Ceux qui envahissent le salon… Qui réquisitionnent tissus et draps, fauteuil, chaises, canapé et table à manger pour construire et imaginer cabanes, forts, bateaux de pirates… Ceux qui appellent déguisements et accessoires (improvisés). De ceux qui sont sans fin et qui ne tolèrent aucune intrusion adulte, ceux  qui sont secrets. Ceux qui sont peuplés d’amis et de créatures imaginaires. De ceux qui impliquent des batons, du sable, de l’eau et pourquoi pas, de la boue! Ceux qui finissent en spectacle, en chahuts ou en rires. Enfin, des jeux libres et imaginaires!

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L’alphabet

Depuis quelques temps, ma fille est dans une période de grande attirance pour les lettres. La maison grouille de petits papiers et de dessins sur lesquels elle a écrit son prénom et des lettres. Les vitres, miroirs et murs aussi ne sont pas toujours épargnés par cette frénésie… Tout comme pour son frère avant elle, je ne suis pas intervenue dans cet apprentissage, attendant que mes enfants y portent un intérêt. Je leur met simplement à disposition un abécédaire et des lettres à toucher et je répond à leur demandes, sans jamais les devancer.

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Quand j’ai commencé à explorer la pédagogie Charlotte Mason, j’ai eu la bonne surprise de découvrir qu’elle préconisait justement que l’enfant ait à sa disposition des lettres à manipuler et que, si on laissait libre cours à ses explorations, cet apprentissage se ferait de manière très naturelle. Cela rejoint l’expérience que j’ai pu faire avec mes enfants. Lire la suite

Les cycles d’enseignement dans la pédagogie Charlotte Mason

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Je suis actuellement en train de plancher sur notre nouveau planning façon Charlotte Mason. J’ai donc le nez dans les emplois du temps et les cycles d’enseignement, ce qui m’a donné l’idée de faire un petit décorticage pour répondre à certaines interrogations de ceux qui sont intéressés d’élaborer leur propre planning.

Pour cela, je vais me référer à l’emplois du temps des écoles Charlotte Mason (les P.U.S ou Parent’s Union Schools) ci-dessous.

Les six cycles ou « Forms »

Les P.U.S organisaient les apprentissages selon les us et coutumes des autres écoles britanniques de l’époque. La semaine comptait ainsi six jours de cours. Les douze années de scolarité étaient réparties en six cycles, appelés « Forms ».

L’instruction formelle des enfants débutait à six ou sept ans au form I. Ces tout-petits constituaient le groupe IB, leurs camarades plus âgés le groupe IA. Ce cycle durait trois ans.

Vers l’âge de neuf ans, débutait le form II long également de trois ans. Il était constitué des élèves du groupe IIB (première et deuxième année) et du groupe IIA pour les plus grands.

Les forms III et IV étaient des cycles bisannuels.

Les forms V et VI regroupaient les élèves de 10ème, 11ème et 12ème année d’étude. Lire la suite

Lettre ouverte aux détracteurs du collectif L’Ecole est la Maison.

Je ne suis pas militante, je ne donne pas de coups de cornes, je ne fais pas de prosélytisme et d’ordinaire je suis si discrète, que vous ne m’avez certainenement pas remarqué jusqu’à maintenant, et pourtant ces derniers jours vous m’avez insultés.

Je suis un parent instructeur comme vous, avec les meilleures intentions pour mes enfants, je n’ai pas la prétention de faire mieux qu’un autre, et pourtant ces derniers jours vous m’avez injuriés.

Je tiens un blog volontairement modeste, je ne fais pas de vagues, je ne braille pas sur les réseaux sociaux, je n’ai rien à vendre, je ne fais pas la chasse aux likes, et pourtant ces derniers jours vous m’avez calomniés. Lire la suite

Petite victoire mélodramatique

Depuis ce matin, je pleure des larmes de joie, de soulagement, de fatigue. La cause de ce trouble est une petite phrase que mon fils m’a dit hier soir: « Je suis content, je sens que ca va de mieux en mieux! » Oui, je sais, ça parait banal et j’ai presque un peu honte de ma réaction. Mais voyez-vous, ces paroles ont été prononcé par un enfant qui se bat contre la depression depuis presque cinq ans. Même si la déscolarisation a eu des effets positifs indéniables, ses humeurs moroses n’étaient jamais loin et les rechutes fréquentes.

Tout en écrivant ces lignes j’hésite à publier ce billet… Ce n’est pas facile pour moi de parler de ce sujet et c’est une expérience très personnelle. Mais je sais aussi très bien que la dépression enfantine est un sujet (trop) peu abordé. L’enfance évoque la joie, les rires, les jeux, l’innocence, pas les idées morbides… Et pourtant il y a des enfants qui ne vont pas bien, qui ne sont pas heureux, qui souffrent tant qu’ils vous balancent qu’ils préfèreraient être morts plutôt que de vivre. Face auxquels les parents se sentent impuissants… Lire la suite