Charlotte Mason pour les tout-petits: une introduction.

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Selon Charlotte Mason, l’instruction formelle d’un enfant ne devrait pas débuter avant ses six ans, voir au-delà… C’est un principe qui semble déconcerter plus d’un parent! Il est intéressant de constater que c’était déjà le cas du temps de son vivant. Où les avis et théories des divers « experts » pesaient déjà lourd sur la conscience des jeunes parents ayant à coeur d’offrir la meilleure éducation possible à leurs enfants, le plus souvent en les stimulant et les sollicitant dès leurs plus jeunes âges.

Mason estimait que les parents du petit enfant ont deux fonctions principales: inculquer de bonnes habitudes de penser et de se comporter et de nourrir son esprit d’idées aimantes, justes et nobles. Ce billet ne peut être considéré que comme une (brève) introduction, tant elle a écrit de choses à ce sujet!

Le mot clef pour décrire les principes de la pédagogie Charlotte Mason pour les tout-petits est SIMPLICITE. Mason pensait que le devoir des parents était de s’assurer que ce moment de la vie de leur enfant soit un temps paisible et calme pour grandir/pousser. Une vie de passivité réceptive durant laquelle l’enfant s’imprègne de son environnement à travers ses cinq sens.

Une vie qui conduirait l’enfant dehors le plus souvent et longtemps possible pour bouger, jouer, s’oxygéner, crier, chahuter, découvrir, d’observer librement afin qu’il développe une connaissance, une relation personnelle avec la nature. Un enfant qui passe de telles journées n’aura pas besoin d’une multitude de jouets, d’activités, de jeux. Ce qu’il trouvera dehors le contentera entièrement. Il ne se lassera jamais de sauter dans les flaques, de jouer dans le sable, de se rouler dans l’herbe, d’observer les bestioles, de patrouiller la boue, de grimper aux arbres, de manier des bâtons, de subir les éléments ou de marcher à petits pas à nos côtés, sa petite main dans la nôtre…

Une vie bercée par le rythme des journées passées auprès de sa mère, par les routines et les corvées auxquelles il l’assiste volontiers: au jardin, en cuisine ou aux commandes de l’aspirateur, le petit veut tout faire avec elle. Il peut apprendre quelques travaux manuels, s’occuper des animaux domestiques, à plier et ranger le linge, toutes ces petites choses qui développent son autonomie et son habilité, tout simplement et sans artifices.  Mason estimait également que l’environnement et l’habitat du petit enfant n’avaient pas à être spécialement aménagés, ni « infantilisé » puisqu’il s’accommode et s’adapte parfaitement au monde des « grands ».

Une vie bercée aussi par les chants et les comptines que le petit entame volontiers. Effectivement, la pédagogie Charlotte Mason porte un grand intérêt aux chants folkloriques. Des chants pour accompagner les saisons, le labeur, les fêtes, pour vivre sa foi, pour rire, pour bouger… Ce qui nous mène à l’éducation au « beau ». Cette notion tient une grande place dans cette pédagogie. En effet, Mason nous incite à apporter le plus grand soin au choix des matières et des objets qui entourent l’enfant, à l’esthétique et à l’atmosphère de notre foyer. Je qualifierais ce qu’elle prônait de « sobriété esthétique ».

Une vie pleine d’histoires aussi. Des histoires avant tout d’excellente qualité littéraire ou du patrimoine culturel tels les fables et les contes de fées. Ces histoires, disait Mason, devrait être racontées à l’oral le plus souvent, plutôt que lues. Que les textes ou les récits narrés devaient primer sur les illustrations. Elle estimait en effet que la surenchère d’illustrations dans les livres pour enfants détourneraient l’imagination propre des enfants, et causeraient dissipation morale et mentale. D’où l’importance du soin apporté à la sélection de livres qui seront à disposition du tout-petit. Ces histoires qu’il voudra entendre encore et encore: des livres bien écrit, avec un langage soutenu qui nourrissent l’imaginaire de l’enfant avec, le cas échéant, des illustrations soignées.

Autre grand volet de préoccupation parentale selon Mason: l’instauration de bonnes habitudes physiques et morales. Elle comparait l’esprit de l’enfant à une terre vierge sur laquelle nous, parents, sèmerions des vertus telles des graines. Elles germeront si nous leurs apportons soins et attention, mais nous devrons veiller à nous débarrasser des « mauvaises herbes » pour ne garder que les belles fleurs… La propreté, l’ordre, la régularité, la ponctualité sont, selon Mason, toutes des habitudes qui devraient être inculquées dès le plus jeune âge. Douceur, courtoisie, gentillesse, franchise, respect pour les autres,… toutes ces vertus écrit Mason, devraient entourer l’enfant tel l’air qu’il respire, et il les « inhalerait » de façon toute aussi inconsciente. Il est donc de notre devoir de déterminer les vertus que nous souhaiterions inculquer à notre enfant, d’être persévérant dans nos efforts à être des modèles afin de les « diffuser » dans l’atmosphère qui l’entoure pour qu’il s’en « imbibe ».

Tous ces préceptes devraient être vu comme un idéal, en aucun cas comme un dogme. Dans la pratique, il n’est pas toujours possible d’offrir une telle vie à un enfant, surtout s’il a une fratrie. Un parent seul ne peut pas être aussi exclusif, offrir autant de temps attentionné, de temps passé dehors quand il doit également assurer l’instruction de ses autres enfants. Nos petits derniers seront forcément stimulés par leurs aînés, et voudrons leur emboîter le pas, faire comme eux dans tous les domaines.

L’âge préconisé par Mason ne veut pas dire non plus que nous devrions ignorer les demandes d’un enfant qui serait attiré par certains apprentissages. Cependant, dans cette pédagogie, nous nous efforcerons de trouver des moyens informels pour les aborder…

Les principes de cette pédagogie sont là pour nous guider vers cet idéal et non pas nous culpabiliser de ne pas faire aussi bien que nous le « devrions »  – ou le voudrions. Je trouve qu’au contraire, cette approche est déculpabilisante, légère et joyeuse – à condition de s’affranchir des pressions externes! Et n’oublions pas que du temps de Mason, les femmes avaient des domestiques et des préceptrices qui rendaient leur quotidien plus simple que le nôtre. De ce fait, il leur était certainement plus facile de se vouer corps et âme à leur tout-petit…

Pour aller plus loin, voici quelques autres billets sur le même thème:

De l’importance du jeu

L’alphabet

Les doigts de ma main sont cinq… (comptines)

Jeux de doigts

2 réflexions sur “Charlotte Mason pour les tout-petits: une introduction.

  1. J’aime beaucoup ton article qui permet de se recentrer un peu sur nos plus jeunes – les aînés prennent beaucoup de place chez nous dans leurs apprentissages … – . Les figurines en bois viennent d’où ? Elles sont superbes !

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    1. Merci Mathilde 🙂
      Les animaux? J’ai bien peur de ne pas pouvoir te repondre… ils ne sont pas marqués. C’est la collection de ma mère (la plus part datent de mon enfance). D’autres nous ont été offert par ma sœur qui vit en Suisse… Tu en trouveras sur les sites vendant des jouets Waldorf.

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